Extrait

Début du Chapitre 1 :

— Quand as-tu su ?

Pleinement consciente que son heure arrivait et malgré la peur qui l’envahissait peu à peu, elle restait digne et fière et le fixait avec intensité en le questionnant, sans même un tremblement dans la voix.

David se tapit contre elle, tel un félin, affichant un sourire narquois et savourant la victoire, toute proche. Dans sa main droite, il tenait un couteau, dont la lame brillait tant qu’elle semblait n’avoir jamais servi. Sans qu’elle s’y attende, il la tira violemment par les cheveux et lui en coupa une mèche d’une quinzaine de centimètres de long qu’il noua à la hâte avec un petit élastique rouge. La femme tenta un mouvement de recul, inutile puisqu’elle était fermement maintenue sur une chaise, ligotée de manière sommaire par une multitude de liens d’origines diverses : draps, corde…

Il approcha sa bouche de l’oreille de la prisonnière et dans un murmure, presque inaudible, lui répondit :

— Je l’ai toujours su. Maintenant, c’est la fin. Jamais plus tu ne répandras la souffrance autour de toi.

La créature s’apprêtait à pousser un hurlement, capable de percer les tympans de son assaillant, mais le jeune homme ne lui en laissa pas le temps. D’un geste net et précis, il lui trancha la gorge et les cordes vocales, puis s’empressa de s’écarter de la chose qui explosa dans un vacarme de tous les diables. Malgré le raffut, il ne resta presque aucune trace de l’évènement. La chaise était désormais vide. Seules les attaches demeuraient au sol, négligemment parsemées.

David, serein, quitta la pièce, refermant la porte comme si rien d’important ne venait de se passer.

Quand il se trouva dehors, le vent glacial lui cingla les oreilles. Il remonta le col en fourrure synthétique de son manteau et glissa ses mains dans ses poches. De gros nuages noirs menaçaient le ciel, pourtant si clément une heure auparavant. Mais peu lui importait, il fallait bien plus qu’un orage à David pour gâcher une si belle journée. Il marcha, en pressant le pas jusqu’à la station de métro Odéon. Il avait hâte de rentrer chez lui, mais savait qu’il lui faudrait s’armer de patience, car à cette heure-ci, les rames étaient bondées.

Après une trentaine de minutes d’attente, le jeune homme parvint enfin à pénétrer dans une voiture dans laquelle les odeurs corporelles se mêlèrent pour créer une fragrance nauséabonde. Les joies du métro parisien. Il serra fortement la mèche de cheveux de sa victime au fond de sa poche. Elle était le numéro sept… Sept êtres maléfiques en moins sur la planète grâce à lui. Tout cela en deux ans, l’exploit était honorable. Plus qu’une et il égaliserait le score de son défunt frère, Marco. Perdu dans ses pensées, David n’entendit pas l’alarme de fermeture des portes et faillit rater son arrêt à Denfert-Rochereau. Il sortit in extremis et retrouva l’air froid et impur, mais pour le moins vivifiant, de l’extérieur. Il traversa la chaussée sur laquelle les véhicules avançaient collés les uns aux autres à cause des bouchons, et passa devant les catacombes. Elles étaient fermées depuis plus d’une heure, mais une foule de personnes demeurait agglutinée devant, sans doute fascinée, comme lui, par l’histoire peu commune de ce site. Son appartement se situait plus près de la station suivante, mais le jeune homme aimait tant ce lieu chargé d’émotions qu’il préférait marcher un peu plus. Il adorait la vie ici, toujours trépidante où le monde tournait à cent à l’heure.

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